1- La science fait-elle de nous de meilleurs citoyens? (compte rendu de la conférence du 24 février 2010)
2- Hommage à trois citoyennes engagées (janvier 2010)
3- Les prisons sans barreaux (compte rendu de la conférence du 2 décembre 2009)
4- Après la crise: peut-on éviter le syndrome de la victime? (compte rendu de la conférence du 20 mai 2009)
5- La crise: une occasion de renouveau (compte rendu de la conférence du 18 février 2009)
6- Les défis des jeunes dans une société mondialisée (Compte rendu de la conférence du 20 mai 2007 en fichier PDF)
7- Les jeunes et la violence (compte rendu de la conférence du 7 décembre 2005 en fichier PDF)
-----------------------------------------------------
2- Hommage à trois citoyennes engagées (janvier 2010)

Dans l'ordre habituel, rangée du bas: Mme Denise Normand-Guérette, Mme Thérèse Lavoie, M. Moncef Guitouni, Fondateur, Mme Joanne Pharand, rédactrice en chef, Psychologie Préventive. Rangée du haut: M. Luc Dupont, Président, M. Luc Jeanotte, CA, Mme Micheline Létourneau, CA, M. Serge Trépanier, Trésorier, M. Michel Pepin, CA.
La Société de recherche en orientation humaine regroupe des personnes engagées à bâtir une société humaine solide et équilibrée, soucieuse des générations actuelles et futures. La SROH inscrit depuis 1972 son action dans une optique de développement durable qui aspire à concilier une qualité vie aujourd’hui avec une qualité de vie pour les nouvelles générations.
La SROH a été fondée en 1972 par Moncef Guitouni avec l’idée d’associer ensemble des citoyens dans une démarche d’évolution et d’amélioration non seulement pour eux-mêmes, mais également pour leurs familles, leur communauté, notre Québec et d’autres pays dans le monde.
La différenciation de l’identité humaine de l’identité culturelle et la reconnaissance de cette différenciation par Moncef Guitouni dans ses travaux ont contribué à l’émergence d’une démarche universelle qui concilie la connaissance et l’expérience humaine et son mode d’expression à travers la culture.
La SROH est à bien des égards un microcosme de notre société avec ses forces et ses faiblesses. Elle évolue pour mieux réaliser des actions dans le concret, c'est-à-dire sur le terrain et dans le quotidien.
Nous avons voulu cette année souligner l’action de trois membres de longue date qui se sont distinguées par leurs actions, leur persévérance et leur apport bénévole à la promotion d’un idéal, la défense d’une cause, celle de la prévention, de l’éducation et de l’action sociale.
Mme Thérèse Lavoie, Mme Denise Normand-Guérette et Mme Joanne Pharand
Mme Thérèse Lavoie
Nous avons l’honneur et le privilège de vous présenter notre doyenne, Madame Thérèse Lavoie. Elle est sans aucun doute notre plus grande ambassadrice et celle qui incarne la conviction, l’action, la gentillesse et le dévouement.
Au cours des années, elle est demeurée active dans le Comité d’organisation des activités; elle a fait profiter l’organisation de ses talents d’artisane notamment par les céramiques qu’elle a contribuées pour appuyer les campagnes de levée de fonds sans parler des petites gâteries culinaires qu’elle a concoctées avec cœur et passion.
Au-delà de ces contributions matérielles, Thérèse exerce par sa personnalité et sa trajectoire une forme d’ascendance qui nous inspire. Le plus important c’est que Thérèse Lavoie nous rappelle sans cesse l’importance et la valeur du message de la SROH. Sa fougue et son enthousiasme ne lui font jamais défaut.
À vous chère Mme Lavoie, nous souhaitons dire merci et te souhaiter longue vie car nous avons besoin de ton leadership pour bâtir la relève.
Mme Denise Normand-Guérette
Nous avons également l’honneur et le privilège de souligner l’apport et la contribution de Denise Normand Guérette à notre organisme.
Militante de la première heure, animée d’une passion pour défendre les intérêts de la jeunesse, Mme Normand Guérette s’est engagée avec conviction et détermination dans la Commission éducation de la SROH pour ensuite occuper le poste de vice-présidente de l’organisation.
Au cours de ces années, son engagement et son soutien envers la SROH ont été indéfectibles. Son action d’encadrement et de soutien auprès des jeunes a été remarquable en parallèle à ses activités académiques. Son rôle phare dans le projet d’intervention Solidavenir de la SROH auprès des jeunes mérite d’être souligné.
Dans le cadre de ces dernières, soulignons la réalisation du livre Entretiens avec Moncef Guitouni, un ouvrage sur ses études au sujet du comportement des jeunes et publié aux Presses de l’Université du Québec. Mme Normand Guérette a aussi fait de nombreuses démarches pour mieux faire connaître les travaux du fondateur de la SROH et les articles abordés dans notre revue Psychologie préventive.
Denise Normand Guérette est animée par un esprit de générosité, de solidarité dans l’action. Nous souhaitons vous témoigner notre appréciation et notre affection et vous inviter par la même occasion à nous préparer la relève. Nous avons encore besoin de vous!
Mme Joanne Pharand
Notre troisième hommage et non le moindre va à Mme Joanne Pharand, qui depuis plusieurs années a joué un rôle officiel dans différents comités et commissions de la SROH
Elle a aussi occupé le poste de vice-présidente de la SROH. Elle a contribué à la publication des Politiques de la Sroh en matière d’éducation et de formation des éducateurs.
Elle a écrit plusieurs articles pour la revue Psychologie préventive mais c’est à titre de rédactrice en chef de notre revue Psychologie préventive que nous pouvons apprécier depuis de nombreuses années la pleine mesure de ses talents.
Mme Pharand personnifie la rigueur dans le travail, l’ordre et la précision. Nous ne pouvons que lui en être reconnaissants, car grâce à ses efforts, la revue reste un véhicule extraordinaire de diffusion des idées qui se conjugue avec une mise en page et une présentation de très belle qualité grâce à la collaboration engagée avec la graphiste Maryse Pépin.
On ne peut passer sous silence l’importance du soutien apporté par Mme Pharand à la Fédération internationale pour l’éducation des parents (FIEP) alors que M. Moncef Guitouni en assumait la présidence. Au-delà de son rôle de leadership dans l’espace associatif international, la FIEP a donné une occasion privilégiée à la SROH de se faire connaître dans plus de 40 pays au cours d’une période s’échelonnant sur plus de 15 ans. Durant cette période, Mme Pharand a toujours été au rendez-vous pour appuyer les efforts de mobilisation internationale; pour peaufiner des textes; pour développer des collaborations ou pour défendre une cause et ce bénévolement souvent dans l’anonymat. Aujourd’hui, nous souhaitions par ce modeste hommage vous rendre hommage et vous témoigner comment nous apprécions votre esprit volontaire, votre gentillesse et votre générosité.
Au nom de tous les membres, nous souhaitons vous remercier pour votre engagement. C’est avec plaisir que nous vous offrons ce gage de reconnaissance. Il s’agit de trois œuvres réalisés par un couple d’artistes- peintres et graveurs du Québec qui tentent, depuis plusieurs décennies, de traduire le Québec en image.
P. Luc Dupont, Président
Pierre De Serres, Secrétaire général
Ghislaine Picard Mayer, Vice-présidente
Serge Trépanier, Trésorier
3- Les prisons sans barreaux (compte rendu de la conférence du 2 décembre 2009)
Par M. Moncef Guitouni, Psychosociologue et fondateur de la SROH

«…je m’interroge sur les raisons qui ont entraîné l’être humain à devenir ce qu’il est. Comment expliquer qu’il ne trouve pas le moyen de se dégager des chaînes qui l’emprisonnent et l’empêchent de voir le contexte de la réalité. Je m’interroge sur le mécanisme de conditionnement et de la formation qui finit par créer un comportement double dans lequel l’être humain pense faire tout en agissant différemment dans le réel.»
Ce faisant, notre conférencier a illustré comment sa lecture et son analyse d’alors demeurent d’actualité. Nous pourrions être tentés de conclure que la nature humaine n’a pas évolué au même rythme que les processus de conditionnements sociaux qui ont connu une progression fulgurante durant cette période. Pensons entre autre à l’avènement de l’Internet et à l’explosion des réseaux sociaux s’appuyant sur les technologies de l’information sans parler de l’impact de la mondialisation qui n’était alors qu’embryonnaire. La nature humaine pour sa part est demeurée sensiblement la même, bien que ses modes d’expression soient plus riches et que les avancées scientifiques aient permis de localiser avec plus de précisions les réactions au niveau cerveau.
Un sentiment d’impuissance ou des injustices vécues ne sont que quelques uns des éléments qui peuvent contribuer à l’émergence de sentiments de haine, de vengeance et de rancune qui risquent de guider les comportements à moins que les personnes se prennent en main pour s’en affranchir. Les barreaux invisibles de ces prisons sont autant de prismes qui déforment le sens des actions, l’optique des motivations, la qualité de la lecture des émotions et les capacités de collaborer à la réalisation d’un objectif collectif d’envergure. Les frustrations qui accompagnent ces éléments consomment les énergies et les stress continus qu’elles exercent sur notre système immunitaire nous rendent plus vulnérable.
Dans une perspective de développement durable, permettons-nous d’imaginer combien d’efforts inutiles, de conflits stériles ou de mauvaises décisions pourraient être évitées en faisant la paix avec soi-même; en acceptant de grandir c'est-à-dire en reconnaissant notre part de responsabilité dans notre évolution; ou en regardant vers l’avenir et en cultivant une approche teintée de noblesse et de générosité pour arrêter la roue et l’escalade qui nous détournent de nos aspirations. Le texte intégral de
la conférence de Moncef Guitouni paraîtra dans le prochain numéro de Psychologie préventive. On peut aussi télécharger ce texte en format PDF.
Par P. Luc Dupont, Président
Retour au haut de la page
4- Après la crise: peut-on éviter le syndrome de la victime? (Extrait de la conférence du 20 mai 2009)
Par P. Luc Dupont, Président de la Société de recherche en orientation humaine et spécialiste en stratégies internationales.
La conférence et les débats entourant ce thème ont mis en évidence une dimension essentielle de l’état de victime : la perte de l’espoir dans l’avenir. Cette perte se reflète dans la diminution de la capacité d’action de la personne, amenuisant ainsi les moyens à sa disposition pour se prendre en main, pour faire face à l’adversité rendant ainsi plus aléatoire la réalisation de ses ambitions. La prévention, l’éducation et l’action sociale sont les véritables remparts pouvant aider à contenir l’émergence de telles situations.
La notion de victime est de nos jours utilisée pour justifier toutes les fins : idéologique pour assurer une légitimité et l’adhésion à une cause; politique pour justifier une réaction ou établir un rapport de force; et même commerciale (polices d’assurances diverses) pour générer des revenus. Paradoxalement, le sentiment de victime permet à la personne de se délester de sa part de responsabilité dans ce qu’elle vit ou croit subir. Il est vrai cependant que nous évoluons dans un contexte de complexité croissante, que l’on pense à l’interdépendance des phénomènes mondiaux tels que : les systèmes financiers; le climat; la pollution; la santé (H1N1); l’énergie et son corollaire le multilatéralisme.
Face à cette complexité, le citoyen sent qu’il perd son emprise et sa capacité d’influence devant des enjeux qui lui apparaissent plus théoriques, plus éloignés de son quotidien. Parallèlement, la capacité d’action des élus, porte sur des enjeux de plus en plus locaux et l’intérêt de la population se tourne vers des sujets qu’elle arrive à comprendre (sport, drames, feuilletons). Si la population se détourne, en raison de cette complexité, de ses prérogatives de citoyen, cela se traduira inévitablement par une absence de vigilance; une désaffection aux urnes (une constante au cours des dernières années); l’érosion du processus démocratique et l’émergence de dérives potentielles pouvant créer de nouvelles victimes. Pour prévenir, il faut recouvrer les notions de respect et de responsabilité; l’engagement dans les affaires de la cité; et la construction de passerelles de collaboration pour veiller à nos intérêts comme collectivité et comme citoyen.
Le changement est devenu une constante dans notre société contemporaine et l’adaptation un élément de compétitivité voire de survie. Comme le soulignait Mickey Kantor, ancien secrétaire au Commerce américain sous Clinton, « Ce ne sont pas les gros qui vont manger les petits mais les rapides qui vont dépasser les lents » Dans cet optique, l’apprentissage est un processus continu et l’action un élément intégrateur de l’information et déclencheur de la prise de conscience nous permettant de développer de nouvelles compétences. Cependant, devant ce tourbillon incessant de changements, l’humain a besoin de repères et de constance qui ne peuvent changer, c'est-à-dire l’appartenance dans laquelle il peut puiser sa force, son courage et sa détermination.
5- La crise: une occasion de renouveau? (extrait de la conférence du 18 février 2009)
Par Moncef Guitouni, Psychosociologue et auteur du livre L’intelligence émotionnelle et l’entreprise.
Il y a 20 ans, nous assistions à la chute du mur de Berlin, un événement associé à la fin du communisme comme modèle de développement économique et d'organisation sociale et politique. Le départ de Georges Bush de la Maison Blanche marquera-t-il de manière tout aussi éclatante, la fin du néo-libéralisme qui avait depuis 1989 constitué le modèle de développement? L'ampleur des différentes mesures adoptées en trombe par les gouvernements des porte-étendards du néo-libéralisme, États-Unis et Royaume-Uni en tête, pour rétablir la confiance perdue dans les marchés financiers et économiques, porte à croire que nous sommes arrivés à cette croisée des chemins.
La faillite d'un système ou d'une idéologie démontre comment on peut, par manque de vigilance, par un silence ou une apathie, laisser faire les choses devenant ainsi complice des événements malgré nous. L'aspiration, de par le monde, à réaliser les images paradisiaques du rêve américain, nous rend perméables aux belles paroles des chantres mercantiles de toutes sortes, dans l'espoir d'accéder à la richesse sans effort. L'égoïsme, le goût du plaisir et la passion de vivre l'instant ont, par ailleurs, transformé les repères en matière de moralité sociale et humaine.
Au-delà de cette nouvelle donne, au-delà du choc causé par ces événements aux adeptes de la "main invisible" du marché, au-delà de la réjouissance qu'elle provoque aux adeptes de la "simplicité volontaire", comment cette crise constitue-t-elle une occasion de renouveau pour le citoyen, parent ou éducateur?
Quelques pistes
Ce renouveau passe par la réappropriation d'un certain équilibre. Comme l'indique l'American Way of Life, la finalité actuellement recherchée est l'atteinte d'un stade où l'on peut faire tout ce que l'on veut, sans égard aux conséquences humaines ou financières. Ce processus remet en cause la notion même du développement durable. En effet, comment peut-il en être autrement alors que nous sommes pressés à satisfaire tous nos besoins sans égard à notre capacité de payer ou au délicat maintien de l'équilibre écologique. Pour accéder à certain équilibre, n'y aurait-il pas lieu de s'interroger sur la possibilité de nous libérer de la dépendance à l'origine de notre soif de consommation à outrance?
Cette gourmandise insatiable et l'orgueil qui freine la capacité de réfléchir et d'analyser désamorcent notre vigilance comme contrepoids essentiel au bon fonctionnement des interactions humaines et des institutions démocratiques. La crise actuelle nous oblige à nous transformer pour retrouver une qualité humaine; une capacité de bâtir et de préparer notre avenir et celui de nos jeunes pour éviter la répétition de ce dérapage.
Autre référence: Article paru dans la revue Jeune Afrique
Retour au haut de la page


Archives - compte-rendus


